Projet

Historique du projet

Le projet LexArt – Words for Art : The Rise of a Terminology (1600-1750) dirigé par Michèle-Caroline Heck et hébergé par l’Université Paul-Valéry de Montpellier a fait partie des six projets de recherche français sélectionnés en 2012 par le Conseil Européen de la Recherche dans le domaine des humanités (ERC – Advanced Grant 323761).

Il porte sur l’étude du vocabulaire artistique tel qu'il s'élabore au XVIIe siècle et se transforme dans la première moitié du XVIIIe siècle au Nord des Alpes. L’ambition du projet a été d’établir des outils conceptuels nécessaires au renouvellement des recherches sur la théorie de l’art en Europe, et d’appréhender avec un apparat critique synchrone les productions artistiques des XVIIe et XVIIIe siècles.

Il a conduit à la publication d’un dictionnaire de terminologie artistique avec des entrées multilingues, à la mise en ligne d’un ensemble d’études abordant des points méthodologiques et des approches transverses, mais aussi à la mise en ligne d’un outil numérique qui rassemble les définitions données par les théoriciens de l’art des XVIIe et XVIIIe siècles.

Outre le porteur de projet, Michèle-Caroline Heck, professeur d’histoire de l’art moderne, une équipe d’une douzaine de chercheurs européens, doctorants ou post-doctorants en histoire de l’art, a été constituée. À cette équipe, s'est adjoint un comité scientifique composé pour sa part de professeurs d’université et de chercheurs confirmés. Des partenariats avec plusieurs universités et instituts de recherche européens ont par ailleurs été mis en place.

Débuté en avril 2013, LexArt a reçu un soutien financier de la part de l’ERC pour une durée de cinq ans.


Enjeux et finalité scientifique

DES TEXTES, DES TERMES : DE LA THÉORIE DE L'ART À LA PRATIQUE DE LA PEINTURE

Le projet LexArt - Words for Art se propose d’interroger l’émergence du vocabulaire artistique au XVIIe siècle et son développement au début du XVIIIe siècle au Nord des Alpes. Il privilégie une approche transverse des écrits sur l’art et une recherche exhaustive et fondamentale à partir de l’ensemble des publications sur l’art éditées au Nord des Alpes entre 1600 et 1750 (Van Mander, Félibien, de Piles, Goeree, Sandrart, Hoogstraten, Richardson, Coypel, Dolce, Turnbull, etc.) dans une démarche à la fois synchronique et diachronique. L’étude n’est pas uniquement philologique, mais, s’appuyant sur la dimension mouvante du mot, met l’accent d’une part sur les définitions des termes resitués dans leur contexte d’utilisation en relation avec les pratiques artistiques qu’ils décrivent, et d’autre part sur leur évolution dans la longue durée conforme aux mutations artistiques qui s’opèrent entre le XVIIe siècle et le Siècle des Lumières, ou leur adaptation dans les transferts géographiques.

Le double champ de recherche que nous avons étudié porte à la fois sur l'explication des termes à partir des sources qui ont contribué à leur élaboration, et sur leur étude comme instrument de travail servant autant à l'activité intellectuelle du théoricien qu'à celle plus pratique de l'artiste. Cette approche ouvre des perspectives nouvelles : un approfondissement de notre connaissance des manières et des styles, un élargissement de notre réflexion sur l’analyse des œuvres d’art, et une redéfinition des critères qui permettent de resituer la création dans son univers sémantique, mental et social.

LA RECHERCHE D'UN LANGAGE ARTISTIQUE EN EUROPE SEPTENTRIONALE

Bien que fortement ancrée dans le domaine de l’histoire de l’art, cette recherche transdisciplinaire intègre une dimension linguistique, littéraire et historique. Son but est triple. Le premier est de mettre en évidence des relations artistiques à travers la circulation des concepts et des pratiques artistiques dans l'Europe considérée comme un espace de communication savante. Le second est de montrer la spécificité de certains termes et concepts par rapport à leur langue propre, et la manière dont ils fonctionnent par rapport aux autres langues et aux réseaux dans lesquels ils s'insèrent, et de cerner ainsi les limites mouvantes de l'universalité et de l'identité au sein d'un espace géographique diversifié. Le troisième est de montrer que la communauté artistique européenne des XVIIe et XVIIIe siècles est à la recherche d'un langage commun à l'ensemble de la République des arts, qui permette la définition des multiples expressions artistiques qui font la diversité de l'Europe moderne.


Objectifs

Le but du projet Lexart est de proposer à la communauté scientifique des outils innovants, à la fois documentaires et réflexifs permettant d’aborder les productions artistiques des XVIIe et XVIIIe siècles avec un apparat critique synchrone. Trois volets ont ainsi été prévus et tous publiés en Open Access :

- Un ensemble d’études traitant des questions méthodologiques, thématiques (le dessin, la manière, la vraisemblance, etc.) et transverses, abordées au cours des séminaires et colloques.

- Un dictionnaire de termes et de notions, organisé à partir d’entrées multilingues avec des correspondances en latin, italien, français, néerlandais, allemand et anglais. Ne s’inscrivant pas dans une perspective de traductions et d’interprétations contemporaines, il proposera des synthèses comparatistes et pluralistes, incluant bibliographie, citation d’œuvres de références, mise en évidence de l’équivalence de termes n’ayant pas le même sens ; le tout, dans une perspective diachronique (évolution de la terminologie artistique entre 1600 et 1750) et synchronique (relation avec les pratiques artistiques en France, Allemagne, Pays-Bas et Angleterre).

- Un outil numérique qui rassemble toutes les définitions ou évocations signifiantes de termes et de notions extraites des textes de théorie de l’art et transcrites dans leur langue originale, avec leur traduction pour les langues rares (néerlandais). Grâce à cet outil, il est possible de suivre l’évolution des sens d’un même terme, mais aussi leur diffusion dans le temps et dans un espace donné (l’Europe septentrionale). Il permet également de présenter l’ensemble des textes étudiés sous forme de bibliothèque numérique.


Nos partenaires2

Financé par le Conseil Européen de la Recherche (ERC) pour une durée de cinq ans (2013-2018), le projet LexArt est hébergé par l’Université Paul-Valéry de Montpellier et accueilli au sein du Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences humaines et Sociales (C.R.I.S.E.S – E.A. 4424).
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